Portrait de Alexis Zarytsky

Alexis Zarytsky

Né en 1912 dans l'ouest de l'Ukraine, Alexis Zaryckyj était un jeune homme dont la vocation brûlait déjà en lui.
Il est ordonné prêtre grec-catholique en 1936, et son ministère est une source d'inspiration.
Curé d'une profonde piété, il est connu pour son zèle, son écoute attentive et sa capacité à apporter réconfort et conseils à ses paroissiens.
Il est le type de prêtre que l'on souhaite avoir : toujours disponible, toujours prêt à encourager.

Mais les temps changent brutalement après la Seconde Guerre mondiale.
L'occupation soviétique s'abat sur l'Ukraine, et avec elle, une persécution sans merci contre l'Église grec-catholique.
Le régime stalinien veut l'anéantir, forçant ses prêtres à renoncer à Rome et à s'unir de force à l'Église orthodoxe russe, sous contrôle étatique.

Alexis Zaryckyj refuse catégoriquement.
Sa fidélité à l'Église et à sa foi est inébranlable.
Pour lui, pas de compromis.
Cette décision va lui coûter sa liberté, puis sa vie.
Il est arrêté une première fois en 1947, puis de nouveau en 1949.
Condamné pour son refus de trahir sa foi, il est envoyé dans les terribles camps de travail forcé, les goulags, d'abord en Sibérie, puis dans les steppes désolées du Kazakhstan.

Là-bas, loin de sa paroisse, dans des conditions inhumaines, le Père Alexis ne se tait pas.
Il ne renonce pas à son sacerdoce.
Au contraire, il devient un prêtre clandestin pour ses codétenus.
Dans le secret des baraquements, au péril de sa vie, il célèbre la Divine Liturgie avec du pain sec et du vin de contrebande.
Il écoute les confessions, baptise en cachette, donne l'extrême-onction et réconforte ceux qui ont tout perdu, offrant un espoir sacré au cœur de l'enfer sur terre.
Il est le berger qui, même enchaîné, continue de guider et de nourrir spirituellement son troupeau dispersé.

Épuisé par les travaux forcés, la faim constante, le froid glacial et les traitements brutaux, Alexis Zaryckyj rend son âme à Dieu en 1963, toujours prisonnier dans un camp de concentration au Kazakhstan.

Aujourd'hui, l'Église se souvient de lui comme d'un martyr héroïque, un symbole de fidélité indomptable et de courage.
Sa béatification par le pape Jean-Paul II en 2001, aux côtés d'autres martyrs ukrainiens, a reconnu son sacrifice ultime.
Il incarne la résilience d'une Église persécutée et la force inouïe d'un prêtre qui n'a jamais cessé de servir Dieu et son peuple, même au prix de sa vie.
Alexis Zaryckyj nous rappelle que la foi peut non seulement survivre, mais aussi fleurir et rayonner même dans les déserts les plus arides de l'oppression.