Jules Ier monte sur le trône de Pierre en 337, à une époque où l'Église, tout juste sortie des persécutions, est déchirée de l'intérieur par des questions fondamentales.
Imaginez : l'Empire romain est devenu chrétien sous Constantin, mais la paix est fragile, surtout en matière de foi.
C'est le temps de la grande controverse arienne, une doctrine qui remettait en question la pleine divinité de Jésus-Christ.
Face à cette tempête théologique, Jules Ier fut un roc.
Son règne est marqué par sa défense acharnée de l'orthodoxie, c'est-à-dire de la vraie foi, celle affirmant que le Christ est "de même substance que le Père".
Il prend fait et cause pour Athanase d'Alexandrie, le grand défenseur de cette vérité, qui était constamment persécuté et exilé par les empereurs favorables aux ariens.
Jules offre à Athanase un refuge à Rome, le soutenant contre vents et marées.
Mais il ne se contente pas d'offrir l'hospitalité.
Pour tenter de résoudre cette crise qui déchirait l'Orient et l'Occident, il convoque en 343 le Concile de Sardique (aujourd'hui Sofia en Bulgarie).
Ce concile visait à réhabiliter les évêques orthodoxes injustement déposés par les ariens et à clarifier la doctrine.
C'est aussi à Sardique que fut clairement affirmé le droit des évêques d'en appeler à l'évêque de Rome en cas de litige, posant ainsi une pierre angulaire de l'autorité papale.
Jules Ier, par ses lettres et ses décisions, affirmait que Rome, la chaire de Pierre, avait une primauté morale et juridictionnelle sur l'Église universelle.
Sa persévérance et sa fermeté ont été cruciales pour préserver la foi nicéenne (celle du Concile de Nicée, qui avait condamné l'arianisme) et pour affirmer le rôle de l'évêque de Rome comme garant de l'unité et de la doctrine.
Aujourd'hui, nous retenons de Jules Ier l'image d'un pape courageux, un pasteur qui n'a pas craint de s'opposer aux pouvoirs politiques et aux hérésies pour défendre la vérité de la foi.
Il a non seulement protégé l'Église à un moment critique, mais il a aussi solidifié les bases de ce que nous connaissons aujourd'hui comme la primauté du successeur de Pierre, essentielle à l'unité catholique.
Sa mémoire, célébrée le 4 décembre, nous rappelle l'importance de la constance dans la foi.
Prière
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